Témoignages de doctorants issus du master P3M

Audrey D.

J’ai fait une Licence de physique à Nice (2006) puis le M1 P3M et ensuite le M2 recherche (2008). C’est pendant mon stage de M1 au LPMC que l’un de mes profs ainsi que mon encadrant m’ont dit que je semblais capable de continuer en thèse. J’ai donc remis en question mon choix initial qui était d’aller en MQM et je suis allée en M2R. J’ai été repérée par mon actuel directeur de thèse au cours de mon stage au Cemef (Centre de Mise en Forme des Matériaux de l’Ecole des Mines de Paris à Sophia Antipolis).

Aujourd’hui, je suis en 3ème année de thèse au Cemef et je suis assez satisfaite de mon choix. D’abord, j’aurai un diplôme de l’Ecoles des Mines de Paris. Ensuite, je fais une thèse avec des applications directes et des contacts dans l’industrie, ce qui me laisse le choix entre une carrière académique et une carrière industrielle. En plus, les employeurs potentiels apprécient généralement les 3 années de quasi-expérience professionnelle que constitue la thèse. Enfin, j’ai été (bien) payée pendant trois ans alors que j’ai obtenu mon diplôme de Master dans une période où il était difficile de trouver du boulot (2008 : début de la crise).

Pour ce qui est du Master P3M recherche, dans mon cas, c'est-à-dire celui d’une thésarde au Cemef, c’est à mon avis la formation la plus adaptée. En effet, comme le M2R se fait en grande partie avec des enseignants du Cemef, j’ai été formée aux champs de recherche de ce labo, et du coup, j’avais une longueur d’avance à mon arrivée en thèse puisque je connaissais déjà bien mon domaine et mes encadrants. Par rapport aux autres thésards que je connais, il me semble que le M2R est une formation assez large (polymères, métaux, numérique,…) et en même temps assez poussée. Donc, pour quelqu’un qui voudrait faire une thèse dans le domaine des matériaux (même en dehors du Cemef), je pense que c’est la formation toute indiquée.

Pour finir, je voudrais juste revenir sur quelques points qui n’étaient pas forcément clairs pour moi quand j’étais en Licence ou en M1 :

  • On n’est pas obligé de faire une carrière académique après une thèse, sauf peut être si on fait une thèse très axée recherche académique (par exemple en astrophysique). Il existe plein de sujets avec des applications directes dans l’industrie, et dans les pays anglo-saxons, comme il n’existe pas d’écoles d’ingénieurs, la thèse est le diplôme de référence pour les hauts postes.
  • On est payé en thèse (un vrai salaire, pas des indemnités), soit par un industriel, soit par une bourse, soit par un laboratoire.
  • On a pas besoin d’être premier de la classe depuis la maternelle pour faire une thèse : personnellement, j’ai eu ma Licence avec 10.1 de moyenne (surtout à cause de la méca Q) mais j’ai eu de bons résultats en Master et j’ai fait bonne impression durant mes stages, et c’est ce qui a compté.

Ugo R.

Mon parcours a été fait à Nice : Licence de physique et master recherche P3M (option : numérique). La première année est assez générale (ce qui peut être frustrant par moment), mais la deuxième année en recherche est très orientée dans la spécialisation choisie (numérique ou matériaux). Les stages proposés sont assez variés et nombreux. Ils permettent de mettre en pratique certains acquis, de les développer et d'être confronté au monde de la recherche. Ils sont extrêmement enrichissants et peuvent déclencher ou confirmer une vocation.

Actuellement je suis en première année de thèse au CEMEF (centre de mise en forme des matériaux à Sophia Antipolis). J'ai eu la chance d'être très bien encadré en M2 pendant mon stage, ce qui m'a donné envie de continuer ce laboratoire et dans le domaine de la physique numérique. Mon sujet de stage était une comparaison d'algorithmes d'optimisations et celui de ma thèse consiste à trouver des méthodes pour réduire le temps des simulations de laminage sous le logiciel Forge3.

Innocent B.

J’ai fait la 1ere année du Master P3M en 2006 puis la 2eme année du Master P3M recherche en 2007. J’étais donc dans la 2eme promotion de ce Master. Je venais du Congo Brazzaville où j’ai passé toutes mes années d’étude jusqu’en licence de Physique. Après la licence, je n’avais pas encore une idée claire de ce qu’était la Physique des Matériaux. Je voulais rester proche de l’industrie mais avec une formation consistante sur les aspects théoriques dans mon domaine. Ce Master m’a paru concilier ces deux exigences, d’où mon choix.

Après mon stage de M1 au CEMEF (Centre de Mise en Forme des Matériaux) à Sophia Antipolis, j’ai pris goût à la recherche appliquée aux problèmes industriels. Le stage de M1 reste certes un stage de découverte et d’initiation aux méthodes de recherche scientifique, néanmoins il m’a laissé entrevoir la possibilité d’innover, de s’exprimer sur un sujet ouvert, de mettre en pratique toutes les connaissances acquises pendant des années d’études à des fins utiles. Ce stage m’a aussi permis de comprendre que contrairement à la vision qu’on a en licence, la formation à la recherche appliquée n’est pas une formation qui aboutit forcement à carrière académique. En effet, outre le fait qu’elle développe la capacité à isoler les problèmes dans un ensemble complexe, elle donne les moyens de les étudier et de les résoudre. La rigueur scientifique, la réactivité, l’indépendance et la capacité de travailler en équipe dont elle favorise l’acquisition sont des qualités recherchées en industrie.

Partant de ce constat, mon choix s’est porté sur le M2 recherche où j’ai eu l’occasion de faire un stage passionnant toujours au CEMEF, sur une problématique posée par Areva. Assidu aux cours, sérieux et méthodique dans mon travail de stage, j’ai aisément obtenu la mention bien. Le jour même de la soutenance de mon stage, la question m’était posée de savoir si je voulais continuer en thèse. Sans hésiter, j’ai répondu oui. Mes trois années de thèse écoulées au CEMEF, j’ai aussitôt été recruté à Total.

J’ai été marqué par la disponibilité et la volonté des enseignants dans ce Master et je pense que toutes les chances de réussites sont données aux étudiants qui s’appliquent vraiment.

Manuel V.

Bonjour à tous, j'ai effectué tout mon cursus, depuis la première année de licence jusqu'à ma récente entrée en thèse, à l'université de Nice et j'ai suivi la formation P3M puis P3M recherche.

J'ai tout d'abord trouvé les deux premières années de licence très scolaires, avec pour ne pas changer du lycée des cours, des examens et des TP qui peuvent paraître lourds et décourageant. Mon envie dans ce cursus n'était pas seulement l'apprentissage de la science, mais aussi la contribution a son enrichissement. Bien entendu il faut tout d'abord en apprendre les bases, mais je pense que vous comprendrez que ces années aient pu me sembler lourdes. Il a fallu attendre la troisième année de licence pour effectuer mon premier stage qui m'a permis de travailler sur des études avec des thématiques actuelles. Ce stage a clarifié l'idée de ce qu'est la recherche, tant pour l'autonomie de la recherche que pour l'envie d'apporter ma contribution personnelle à l'avancée du projet de stage. En soit, c'est uniquement le stage qui m'a motivé à continuer les études en master et m'a révélé que mon métier de "scientifique" ressemblerait plus au stage qu'aux autres aspects de la formation.

C'est alors qu'a commencé mon master avec le même type de formation que pour la licence. Toutefois, le rapport avec les enseignants a changé. Nous sommes considérés comme des "grands" à partir du master et les cours sont donc plus interactifs (il y a tout de même moins d'étudiants). La vraie révélation arrive avec le stage de M1 qui est plus long et qui nous permet de beaucoup plus nous investir dans un projet. Je pense que c'est à l'issue de ce stage que doit se décider la vocation de recherche ou d'industrie plutôt que par les cours, TD et TP. Le stage de M2 recherche a eu le même effet avec encore plus de temps pour s'investir et contribuer au projet. C'est alors que m'est apparue la volonté de continuer en thèse, dans le domaine de mon stage de M1 ou de M2. La chance m'a souri et me voici en thèse.

Je tiens donc à encourager les étudiants fatigués par la méthode d'apprentissage et à leur faire comprendre que ce n'est pas ça la science. Ce ne sont que les bases qui vous permettront de pourvoir faire de la science. Pour les stages, certains peuvent être principalement orientés vers des manipulations de caractérisation rébarbatives. Celles-ci ne laissent que peu de place aux contributions personnelles, ce qui peut être frustrant ou peu motivant. Mais mon opinion est que, ces tâches sont justement celles qui attendent les étudiants issus de licence et de master.



Retour à la liste